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La fluidetronique, nouvelle frontière de l’ingénierie : la SRC MMT mise sur une approche intégrée pour gagner en performance et en compétitivité

Face aux exigences croissantes de performance, de compacité et de rapidité de mise sur le marché, les industriels doivent repenser leurs méthodes de conception. C’est dans ce contexte que la Société de Recherches sous Contrat MMT a fait le choix stratégique d’investir dans un domaine encore émergent mais prometteur : la fluidetronique. Une approche globale qui vise à concevoir simultanément les systèmes mécatroniques et fluidiques, afin d’en optimiser les performances globales.
De la mécatronique à la fluidetronique : un changement de paradigme
Historiquement positionnée sur la mécatronique — moteurs, actionneurs, capteurs — MMT a constaté une réalité récurrente chez ses clients : ces technologies sont très souvent utilisées pour entraîner des composants fluidiques tels que des pompes, compresseurs ou vannes. Or, selon Christophe Espanet, Directeur scientifique de la SRC MMT cette association reste aujourd’hui sous-optimale.
« La technologie mécatronique n’est pas exploitée à son plein potentiel, et le composant fluidique, pris isolément, pourrait lui aussi être amélioré si l’on maîtrisait mieux l’ensemble du système », explique-t-il. De ce constat est née l’idée d’une conception globale, intégrant dès l’amont les interactions entre mécanique, électronique et fluide : la fluidetronique.
Cette orientation stratégique s’est concrétisée notamment par le lancement d’une chaire fluidetronique en partenariat avec l’ENSAM (Arts et Métiers) et le laboratoire LIFSE marquant la volonté de MMT de structurer cette expertise à long terme.
Des gains multiples : compacité, performance et time-to-market
L’approche fluidetronique ouvre la voie à des intégrations plus poussées et plus intelligentes des systèmes. En concevant simultanément la partie mécatronique et la partie fluidique, il devient possible de réduire significativement l’encombrement et la masse des systèmes, avec un impact direct sur les coûts.
Mais les bénéfices vont bien au-delà. Cette conception intégrée permet également d’optimiser des variables globales essentielles telles que le rendement énergétique ou le bruit acoustique, des critères de plus en plus déterminants dans de nombreux secteurs industriels.
Enfin, dans un contexte de concurrence internationale accrue — notamment face aux acteurs chinois — la fluidetronique constitue un levier clé pour réduire les temps de développement. « C’est aujourd’hui un facteur décisif de compétitivité », souligne Christophe Espanet.
La recherche au cœur de l’innovation : focus sur les pompes régénératives
Cette stratégie industrielle s’appuie sur des travaux de recherche concrets, menés notamment par Alexandre Vucemilovic, ingénieur R&D chez MMT et doctorant CIFRE au LIFSE (ENSAM Paris).
Dans le cadre de sa thèse, il s’intéresse aux pompes régénératives, des machines capables de générer des pressions quatre à cinq fois supérieures à celles d’une pompe centrifuge de même taille, tout en opérant à bas débit. Un potentiel particulièrement intéressant pour des applications nécessitant compacité et haute performance.
Son objectif est de développer un modèle analytique permettant de dimensionner ces pompes et de prédire précisément leurs performances, afin d’en faciliter et d’en accélérer la conception. « La modélisation est un outil clé, mais elle doit être confrontée à la réalité physique », précise-t-il.
Du modèle à l’expérimentation
Pour valider et enrichir ses travaux théoriques, Alexandre Vucemilovic a conçu un prototype de pompe régénérative, ainsi qu’un banc d’essai expérimental au sein du laboratoire LIFSE. Les premières campagnes de mesure ont permis de mieux comprendre les écoulements internes complexes de ces machines, mais aussi d’identifier les écarts entre les modèles analytiques et le comportement réel.
Ces résultats ont déjà été partagés avec la communauté scientifique, notamment lors d’une présentation orale au Congrès Français de Mécanique (CFM), et feront l’objet d’une nouvelle communication à la conférence IFK, prévue en mars 2026 à Aachen.
Une synergie industrie–recherche porteuse d’avenir
À travers la fluidetronique, la SRC MMT illustre comment une synergie étroite entre SRC et recherche académique et de même SRC et industrie peuvent faire émerger de nouvelles approches de conception, plus performantes et plus adaptées aux enjeux actuels. En combinant vision stratégique, innovation technologique et recherche appliquée, MMT se positionne à l’avant-garde d’un domaine appelé à jouer un rôle clé dans les systèmes industriels de demain.
