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Capsulae lutte contre le paludisme grâce à un savon répulsif anti-moustiques

Publié le 28 mars 2018


Capsulæ participe activement au projet Faso Soap dont l’objectif est de mettre au point un nouveau moyen de lutte contre le paludisme, une maladie qui tue encore un enfant toutes les deux minutes[1].

À travers le projet Faso Soap, l’association 100 000 Vies vise la création d’un savon capable d’éloigner les moustiques jusqu’à 6h après usage. Franck Langevin, responsable des opérations, est « convaincu que le savon anti-moustique sera un nouveau moyen de prévention efficace, en complément des moustiquaires imprégnées et de la pulvérisation d’insecticides dans les habitations ». Constitué d’ingrédients originaires du Burkina Faso comme la citronnelle et le karité, le savon anti-moustique devrait être vendu au prix d’un savon ordinaire, 300 francs CFA soit moins de 50 centimes d’euros, le rendant accessible à tous les habitants des pays pauvres contrairement aux produits antipaludiques actuels.

Utilisé par l’ensemble de la population Africaine, le savon de Faso Soap ne modifiera pas les habitudes et n’apportera aucune contrainte d’usage (effets secondaires des traitements médicamenteux, pulvérisation de l’intérieur d’une habitation). Surtout, il permet de protéger les habitants pendant la période où les moustiques transmettent le parasite du paludisme.

Les partenaires [2] du projet travaillent sur le choix des substances répulsives qui doivent respecter la peau des populations fragiles (femmes enceintes et enfants) mais également sur le fait que la production des savons se fera au Burkina Faso avec des matériaux disponibles localement. La grande difficulté est que peu de principe actif présent dans un savon reste sur la peau après le rinçage. Le défi technologique est de faire en sorte que les substances répulsives restent bien sur la peau, permettant ainsi d’éloigner les moustiques pendant six heures. C’est pourquoi Faso Soap a décidé d’expérimenter la technologie de microencapsulation. Capsulæ, une société de recherche qui met au point des solutions sur-mesure de microencapsulation, a alors rejoint l’aventure il y a un an. « La microencapsulation consiste à piéger un principe actif sous forme solide, liquide ou gazeux au sein de particules individualisées dont la taille varie de 1 µm à 1000 µm. Ces microparticules isolent et protègent leur contenu du milieu extérieur et permettent sa libération contrôlée dans des conditions données. Cette technologie est utilisée dans tous les secteurs d’activité de l’industrie, et le nombre de ses applications ne cesse de s’accroître, que ce soit dans les domaines de la nutrition humaine ou animale, de l’agriculture, de la santé, ou encore des produits de soins et d’hygiène » explique Arnaud Picot, directeur de Capsulæ.

« D’un point de vue scientifique, c’est un produit compliqué à élaborer. Tout l’enjeu est d’intégrer dans le savon des microcapsules résistantes au procédé industriel de fabrication, mais également capables de coller à la peau pendant le lavage, résister au rinçage et libérer progressivement les substances répulsives qu’elles contiennent après la douche », poursuit Gisèle Ongmayeb, responsable R&D de l’entreprise.

Après une première phase de tests pour identifier les microcapsules répondant au cahier des charges, Capsulæ a envoyé au Centre National de Recherche et de Formation sur le Paludisme (CNRFP) à Ouagadougou des échantillons de savon produit par la Savonnerie de l’Atlantique à Nantes. Les premiers tests sont « encourageants » précise la responsable R&D. Pour ce projet, l’utilisation de la technologie de microencapsulation est déterminante. « Avoir l’aide de tels professionnels est une chance », conclut l’association 100 000 Vies.

[1] https://www.faso-soap.info/
[2] Capsulæ, CNRFP, la Fabrique, Sama Bioconsult, SDA.

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