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VPLP Design s’associe aux SRC Car&D et ValoTec pour créer une aile automatisée, arisable et affalable

Publié le 3 janvier 2018


En 2010, le trimaran de l’équipe BMW Oracle remporte la 33e Coupe de l’America. Caractéristique notable ? Le bateau est équipé d’une aile rigide de 68 mètres de haut, fruit d’une collaboration avec le cabinet d’architecture navale VPLP Design.

Pour Marc Van Peteghem, co-fondateur de VPLP, ce succès confirme l’efficacité aérodynamique de ce type de gréements et renforce la conviction de l’avenir des ailes rigides sur d’autres navires. Les débouchés sont vastes : bateaux de plaisance, de yachting, navires de pêche en haute mer, cargos dédiés au transport maritime (vraquiers, chimiquiers, pétroliers…), sur lesquels ce système de propulsion éolienne serait intégré de façon hybride avec une propulsion thermique traditionnelle, et permettrait de générer de conséquents gains de carburant. Reste à lever plusieurs verrous technologiques, notamment ce qui constitue à l’époque à la fois la caractéristique et la contrainte d’une aile : sa rigidité. Or, pour répondre à la diversité des usages et des conditions de navigation, la capacité de réduction de surface du gréement est essentielle.

Le projet Oceanwings® voit ainsi le jour courant 2015, à l’issue de ces réflexions et de l’obtention d’un financement de l’ADEME à hauteur de 200 k€. L’objectif est de développer un prototype fonctionnel de 8m d’envergure doté une aile rigide entièrement automatisée  dont la surface de prise au vent peut être modulée (affalable et arisable).

En janvier 2016, VPLP Design cherche un prestataire capable de prendre en charge le développement de la motorisation et de l’automatisation de l’aile et se rapproche de la SRC Car&D. Marc Van Peteghem précise que « la collaboration démarre à partir d’une expression de besoins et non d’un cahier des charges prédéfini. A l’issue de plusieurs séances de brainstorming, nous envisageons une vingtaine de pistes différentes. Par éliminations successives, nous affinons ensuite les solutions et aboutissons en trois mois à un cahier des charges de façon collaborative. »

Pour Gilles Schaefer, fondateur et président de Car&D,  « le défi était d’arriver à concevoir un ensemble de mécatronique performant et relativement léger pour être embarqué sur un dispositif flottant. Les forces sont très importantes dans un gréement de ce type et le couple maximum que peut déployer l’aile est extrêmement élevé ». Marc Van Peteghem fait valoir que « l’expérience et l’ouverture d’esprit de Gilles Schaefer sur ces problématiques se sont avérées très précieuses. On ne s’enferme pas dans une solution préconçue, on balaye toutes les possibilités parce qu’on les connait. »

C’est par l’intermédiaire de Car&D que la SRC ValoTec entre en jeu à l’été 2016 afin de prendre en charge le développement logiciel. « Chez ValoTec, l’oscilloscope côtoie le PC de programmation sur le même bureau. Cette maîtrise à la fois du software et du hardware était un atout incontestable pour le projet », témoigne Gilles Schaefer.

Le logiciel développé par ValoTec effectue l’acquisition des données entrantes (vitesses et orientations du vent et du bateau, orientation des voiles,…) et contrôle les moteurs afin d’adapter automatiquement pour une propulsion optimale l’incidence, la cambrure et le vrillage de la voile. « L’enjeu résidait dans l’intégration de l’algorithmie développée par Car&D et VPLP. Nous les avons accompagnés dans la mise au point de solutions leur permettant de tester leurs algorithmes » explique Grégory Vaucoux, ingénieur R&D chez ValoTec. Le logiciel a été développé pour s’exécuter sur un calculateur embarqué, ce qui constituait une cible nouvelle pour les ingénieurs de ValoTec. Deux ingénieurs de la PME francilienne ont ainsi suivi une formation sur des automates industriels de programmation en temps réel qui ont offert un cadre de développement à la fois logiciel et matériel. « La proximité géographique et la relation partenariale qui s’est instaurée avec Car&D ont nettement facilité les échanges et la recherche de solutions », ajoute Grégory Vaucoux.

En décembre 2016, la mise à l’eau du prototype équipé de l’aile Oceanwings® concrétise avec succès la collaboration entre ces trois PME. « Nous avons désormais besoin d’industrialiser le processus de fabrication », complète Marc Van Peteghem convaincu que cette innovation trouvera sa place dans de nombreux domaines. Dans l’immédiat, deux projets sont déjà engagés : un bateau atelier pour l’artiste et navigateur Titouan Lamazou ainsi qu’un bateau de pêche doté d’une aile de 14 mètres.

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